Gérard Lebrun ou l'envers de la philosophie : histoire et critique du discours philosophique

Colloque international « Gérard Lebrun ou l’envers de la philosophie : histoire et critique du discours philosophique » - 12-15 octobre 2026, Aix-en-Provence

Organisé par Aix Marseille Université et le Centre Gilles Gaston Granger (AMU/CNRS UMR7304), avec le soutien La République des Savoirs (ENS-PSL/CNRS UMR 8241), de l’Ecole Normale Supérieure de Paris, du LIS (Lettres Idées Savoirs, UR 4395 Université Paris Est Créteil) et de l’Institut Universitaire de France.  

Le colloque « Gérard Lebrun ou l’envers de la philosophie » – en référence à son livre L’envers de la dialectique. Hegel à la lumière de Nietzsche, Le Seuil, 2004 – met à l’honneur une figure aixoise de l'histoire de la philosophie, Gérard Lebrun (1930-1999), Professeur d’histoire de la philosophie moderne à l’Université de Provence du début des années 60 à la fin des années 90, spécialiste de la philosophie allemande classique et fin connaisseur de l’ensemble de l’histoire de la philosophie, des grecs aux contemporains. Partageant son activité d’enseignant et de chercheur entre Aix-en-Provence et l’Université de São Paulo, son influence fut puissante et durable au Brésil : Lebrun a formé une partie de l’élite intellectuelle brésilienne, même s’il est moins connu en France que d’autres ‘habitués’ de l’USP dans les années 60 et 70, tel Michel Foucault ou Gilles Gaston Granger.

L’importance de ses écrits, parus les uns en français, les autres en portugais, ne cesse d’être redécouverte depuis une dizaine d’années des deux côtés de l’Atlantique : au Brésil par ses anciens étudiants, qui rassemblent, éditent ou rééditent ses articles et ses cours ; en France grâce aux travaux d’édition et ‘rétroversion’ de Francis Wolff et Paul Clavier à l’ENS. Entre 2004 et 2009, plusieurs inédits de Lebrun ont ainsi vu le jour, d’autres sont en cours de publication (par Pedro Pimenta au Brésil, Michèle Cohen-Halimi en France), appelant à la fois une évaluation renouvelée de son œuvre et l’élaboration d’une approche critique de lecture de cette archive, dont l’impact sur la méthode de l’histoire de la philosophie reste à interroger. De ses ouvrages monumentaux des années 1970 à ses études posthumes, Lebrun a mis en œuvre une histoire idiosyncrasique de la philosophie, qui a inspiré plus d’une génération de philosophes français, inaugurant une série de lectures non-métaphysiques de Hegel ou d’études sur le discours kantien. A l’heure où se multiplient les réflexions sur l’histoire de la philosophie, ses pratiques, ses méthodes et ses présupposés épistémologiques, ses travaux se retrouvent au cœur de ces débats contemporains.